L’Amérique perd la boule
09 Apr 2001 15:04
La Chine a gagné sa rencontre de boule lyonnaise - dans sa version italienne: le bocce -contre les États-Unis au coeur de la californienne Napa Valley.. De notre envoyé spécial à Los Gatos (Californie), Patrick LAFAYETTE LE Campos di bocce de Los Gatos, Californie, est en pleine ville. Immanquable. Un drapeau italien est son enseigné haut perchée, vert blanc rouge en encorbellement sur la ruer à l'angle de University Avenue et de Andrews Street. Un édifice tout neuf et clean ouvrant sur un vaste parkingenvahi de belles américaines et d'européennes haut de gamme. À l'approche, une oreille exercée reconnaît immédiatement le bruit des boules qui s'entrechoquent, rythmé des cris d'une génération festive en quête d'un fun obsessionnel.
C'est là, entre autres, que la jeunesse dorés californienne et ses fortunés parents viennent tuer dans l'allégresse leurs fins d'après-mioi avant de se regrouper par tablées autour des pistes pour dîner. Oui, le must de la Silicon Valley, de ses golden boys repus d'électronique et de web, est bel et bien devenu ce bon vieux jeu de boules, celui que les vagues d'immigrant: italiens ont apporté au début du siècle et que: leurs descendants ont fait survivre entre eux jusqu'à avoir l'idée récente, apparemment anachronique mais tout de suite porteuse et rentable, de la proposer en partage aux happy fans de la Côte Ouest. Revisité par l'implacable et inimitable american way of life des années 2000, le bocce -puisque c'est ainsi, à l'italienne, qu'on appelle les boules ici - est devenu le sport loisir le plus recherché au-delà des Rocheuses, offrant une simplicité et une convivialité que le golf n'a pas les moyens de se permettre. Du coup, les compétitions se multiplient et embellissent, pas moins de trente-deux concours officiels étant par exemple organisés sur le seul secteur de San Francisco - où certains clubs comptent jusqu'à 3 000 membres pour la saison en cours, en plus des tournois que dotent de 20 000 dollars au vainqueur les casinos et hôtels de luxe de Reno ou Las Vegas.
Ce subit engouement s'est canalisé, le week-end dernier en une première rencontre officielle directe USA-Chine, « arbitrée » par la France et l'Italie, références universelles en matière boulistique. C'est que, de l'autre côté du Pacifique, la Chine s'est éveillée, après quinze ans d'inlassables missions de Bernard Champey, ancien champion du monde de Lyonnaise, à une pratique qui ne répondait bizarrement à aucune tradition locale. Elle compte désormais un million de pratiquants heureux de leur adresse naturelle et leur tempérament. Peu importe ensuite si l'Empire du milieu a logiquement battu les Etats-Unis, le sel de ce rendez-vous était, au-delà du résultat, dans l'étonnant - et détonnant, à l'usage - mélange des genres qu'a provoqué cette affiche insolite voulue par la Fédération internationale de boules - hommes et femmes mixés sur les mêmes terrains d'un jeu qui ne sera jamais plus machiste; milliardaires américains qui ont dû baisser pavillon devant des ouvriers chinois ; stricte boule lyonnaise, débonnaire rafla-volo et open rule débridé, trois façons d'interpréter les règles identifiées à la France, l'Italie et la libérale Amérique, si proches qu'elles se sont joyeusement mariées tout au long des trois jours du match.
Des lustres après la diplomatie du ping-pong, les plénipotentiaires se disputaient le cochonnet. Devant tant d'enthousiasme et de promesses, et même si le vert blanc rouge flotte aujourd'hui au vent de Los Gatos, personne ne peut affirmer qu'aux prochains Championnats du monde en Slovénie, la bannière étoilée ou le drapeau rouge ne grimpera pas. De notre envoyé spécial à Los Gatos (Californie), Patrick LAFAYETTE LE Campos di bocce de Los Gatos, Californie, est en pleine ville. Immanquable. Un drapeau italien est son enseigné haut perchée, vert blanc rouge en encorbellement sur la ruer à l'angle de University Avenue et de Andrews Street. Un édifice tout neuf et clean ouvrant sur un vaste parkingenvahi de belles américaines et d'européennes haut de gamme. À l'approche, une oreille exercée reconnaît immédiatement le bruit des boules qui s'entrechoquent, rythmé des cris d'une génération festive en quête d'un fun obsessionnel.
C'est là, entre autres, que la jeunesse dorés californienne et ses fortunés parents viennent tuer dans l'allégresse leurs fins d'après-mioi avant de se regrouper par tablées autour des pistes pour dîner. Oui, le must de la Silicon Valley, de ses golden boys repus d'électronique et de web, est bel et bien devenu ce bon vieux jeu de boules, celui que les vagues d'immigrant: italiens ont apporté au début du siècle et que: leurs descendants ont fait survivre entre eux jusqu'à avoir l'idée récente, apparemment anachronique mais tout de suite porteuse et rentable, de la proposer en partage aux happy fans de la Côte Ouest. Revisité par l'implacable et inimitable american way of life des années 2000, le bocce -puisque c'est ainsi, à l'italienne, qu'on appelle les boules ici - est devenu le sport loisir le plus recherché au-delà des Rocheuses, offrant une simplicité et une convivialité que le golf n'a pas les moyens de se permettre. Du coup, les compétitions se multiplient et embellissent, pas moins de trente-deux concours officiels étant par exemple organisés sur le seul secteur de San Francisco - où certains clubs comptent jusqu'à 3 000 membres pour la saison en cours, en plus des tournois que dotent de 20 000 dollars au vainqueur les casinos et hôtels de luxe de Reno ou Las Vegas.
Ce subit engouement s'est canalisé, le week-end dernier en une première rencontre officielle directe USA-Chine, « arbitrée » par la France et l'Italie, références universelles en matière boulistique. C'est que, de l'autre côté du Pacifique, la Chine s'est éveillée, après quinze ans d'inlassables missions de Bernard Champey, ancien champion du monde de Lyonnaise, à une pratique qui ne répondait bizarrement à aucune tradition locale. Elle compte désormais un million de pratiquants heureux de leur adresse naturelle et leur tempérament. Peu importe ensuite si l'Empire du milieu a logiquement battu les Etats-Unis, le sel de ce rendez-vous était, au-delà du résultat, dans l'étonnant - et détonnant, à l'usage - mélange des genres qu'a provoqué cette affiche insolite voulue par la Fédération internationale de boules - hommes et femmes mixés sur les mêmes terrains d'un jeu qui ne sera jamais plus machiste; milliardaires américains qui ont dû baisser pavillon devant des ouvriers chinois ; stricte boule lyonnaise, débonnaire rafla-volo et open rule débridé, trois façons d'interpréter les règles identifiées à la France, l'Italie et la libérale Amérique, si proches qu'elles se sont joyeusement mariées tout au long des trois jours du match.
Des lustres après la diplomatie du ping-pong, les plénipotentiaires se disputaient le cochonnet. Devant tant d'enthousiasme et de promesses, et même si le vert blanc rouge flotte aujourd'hui au vent de Los Gatos, personne ne peut affirmer qu'aux prochains Championnats du monde en Slovénie, la bannière étoilée ou le drapeau rouge ne grimpera pas.
|